- Bonjour ! Puis-je vous aidé jeune demoiselle?
Un homme étrange m'interpelle à peine ai-je mis les pieds dans le grand bâtiment.
- Euh... bonjour... ce serait pour lancer un avis de recherche sur une petite fille qui s'est surement perdue. C'est ma petite s½ur, elle s'appelle Maru Lawliet, expliquai-je en rangeant le cahier noir avec lequel je m'étais enfuie.
L'homme se figea net. Il portait un pardessus marron, un chapeau lui recouvrait quasiment le visage. Il avait l'air baraqué et sa voix semblait rude et grave. Ses doigts serrèrent la mallette qu'il tenait dans ses mains.
- Pardon? Vous avez dit... Lawliet ??!
- Euh... oui pourquoi? répondis-je hasardeuse.
- Non c'est impossible que... murmura-t-il à lui-même. Puis il me dévisagea. Je croisai son regard. Ses yeux lançaient une lueur d'espoir, il paraissait ne pas en croire ses yeux. Mais il bugg le vieux ou quoi?
- Euh... monsieur? demandai-je
- Comment... comment s' appelle ton père, jeune fille? Si tu réponds juste, je t'aiderai à chercher ta s½ur, je suis un agent de police tu sais... me dit-il en me montrant sa carte de police sur laquelle il avait soigneusement placé ses doigts, cachant sa photo, son nom et son âge.
Répondre juste? Il me prend pour qui ce mec? Je connais quand même le nom de mon père!
- Mon père? Il s'appelle Dorian Lawliet... Bon, maintenant, vous allez m'aidé? Je commence à en avoir plus qu' assez de tous ça! commençai-je à m'énerver.
- Morbleu ! interjeta-t-il. Suivez-moi Mademoiselle.
Je le suivis. Malgré son apparence extérieure froide, je décelai en lui quelque chose qui me rassurait... Il me fit entrer dans une salle sombre. Au milieu, un écran d'ordinateur éclairait la salle par sa seule lumière. Un homme, ou devrais-je dire un no-life se tenait devant cet écran, cliquant frénétiquement sur la souris et parcourant le clavier de ses doigts à toute vitesse. Il était assis de manière accroupie mais je le voyais mal dans le noir. De plus, il me tournait le dos.
- Qu'y-a-t-il Watari? C'est bien la première fois que vous faîtes entrer une étrangère, en contact direct avec ma personne, dit le no-life.
- L ... Cette jeune fille est l'enfant de Dorian... Dorian Lawliet... hésita l'homme au par-dessus marron.
Les bruits des touches de claviers s'arrêtèrent brusquement. Le no-life ne bougeait plus. Soudainement, il se leva et s'approcha de moi en trainant les pieds. Ses yeux cernés me rappelèrent ceux de mon père... ces cheveux aussi d'ailleurs... et ce nez... c'est le nez de mon père! A la lumière, le no-life se révélait être un jeune homme d'une vingtaine d'années. Déstabilisée par la ressemblance entre ce jeune homme et mon père, je fis un pas un arrière. Il sourit et ses yeux exorbités et cernés me fixèrent.
- Alors comme ça, j'ai une nièce?
Une ... nièce? Moi? Ça voudrait dire que lui... c'est mon oncle?... Il me semble que quand j'étais enfant, mon père m'avais expliqué pourquoi je n'avais pas de grands-parents paternels. Ils avaient été assassinés, avec son jeune frère alors que mon père s'était absenté. Ça voudrait dire que, le jeune frère de mon père, qui était censé être mort... ne l'est pas! Et qu'il se trouve en ce moment, devant moi! Depuis ce jour, mon père "se cache", enfin... disons plutôt qu'il craint que les assassins de ses parents le retrouvent et finissent leur tâche. Malgré le fait que ces soi-disant assassins aient déjà été arrêtés, mon père n'y croit que dalle, il se persuade qu'ils sont encore en vie. A partir de ce jour, il travaille dans une organisation dont je ne sais strictement rien. Toutes ces pensées traversèrent mon esprit à la vitesse de la lumière. Je dévisageais "mon oncle".
- Tu es ... mon oncle?
- Apparemment. Tu peux m'appeler Ryuzaki.
- Moi, c'est Misaki.
Après m'avoir conduite à un fauteuil, il s'assit en face de moi, jambes repliés contre lui et prit une tasse de thé auquel il rajouta environs une dizaine de sucre. Après m'être présentée à lui, un silence s'ensuivit. Pourquoi il ne se présente pas lui aussi?
- Bon dis-moi, comment va mon frère aîné?
- Euh... bien...
La ressemblance entre mon père et Ryuzaki était frappante.
- Parle-moi un peu de lui.
- Il est marié à ma mère qui s'appelle Ayumi Osakabe. Il a 2 filles, moi et ma petite s½ur qui s'est perdue. Il travaille dans une organisation secrète et nous vivons à Tokyo. D'ailleurs, je dois y aller, commençai-je en me levant, j'ai été ravie de te rencontrer mon on.. euh... Ryuzaki mais je dois retrouver ma soeur.
- Attends, tu vas chercher ta petite s½ur? interrogea-t-il.
- Oui, l'homme de tout à l'heure avait dit qu'il m'aiderai, il faut que je le retrouve.
- Laisse, je suis détective, je vais t'aider. Je peux bien faire cela pour ma nièce dont je ne connaissais même pas l'existence... Il y a une chambre à côté, personne ne l'occupe, tu pourras t'y installer durant ton séjour ici, mais il y a un seul inconvénient : tu ne peux pas sortir.
- Je... c'est trop mon oncle, je ne peux pas accepter... balbutiai-je.
- Pourtant, je pourrais t'aider, après tout, tu es perdue non? Et je parie que la ressemblance entre ton père et moi est flagrante, cela prouve que je suis bel et bien ton oncle, donc tu peux me faire confiance... Tu as 5% de chance de retrouver ta s½ur seule, dans cette grande ville alors que moi, j'ai 95% de chance de la trouver, calcula-t-il.
Ok. Alors là, il est trop fort. Aussi intelligent que mon père... eh beh...
- Je suis L, Misaki.
- Euh... de qui elle?
Après un instant de silence à me dévisager comme si j'étais un extraterrestre, Ryuzaki reprit la parole.
- Tu... ne sais pas qui est "L" ?
- Non pourquoi? Elle est si importante que ça ?
- Es-tu... es-tu réellement une habitante de Tokyo? Avec l'affaire dont parle notre pays entier, tu ne sais pas qui est "L le grand détective"? Tu ne regardes donc jamais les infos?
- Bien sur que si! Mais je... euh... je n'ai surement pas fait attention, bafouillai-je.
C'était toujours mieux comme excuse que "Je viens d'un autre monde" non? Pourtant, il ne me crut pas, je le voyais bien. Il me fixait, posant son pouce sur ces incisives.
- Ce pourrait-il que... tu viennes d'un autre monde?
Bouche bée devant sa bonne déduction, je ne sus que répondre.


